J'ai voyagé dans les Rocheuses cet été et voici comment cela s'est passé

18.08.20

Ça commençait à faire longtemps que je n’avais pas dormi en auberge de jeunesse (117 jours pour être exacte!) et j'avais vraiment hâte de retrouver cet univers. En tant que nomade numérique, je n'ai plus de « chez moi » et je passe mon temps à bouger, afin de découvrir le plus d’endroits possibles à travers le monde. Quand la COVID a frappé de plein fouet, j’ai non seulement été forcée à rester au Canada, mais les chambres d’amis et les divans sont devenus mon nouveau « chez moi ». Et même si je suis infiniment reconnaissante d’avoir eu un toit au-dessus de ma tête et d’avoir pu passer autant de temps avec mes proches, ce mode de vie m’a un peu déstabilisée et déracinée. Après quatre mois, j’ai décidé de repartir à l’aventure, mais cette fois-ci dans mon propre pays. 

C’est sur la route, alors que j’explore de nouveaux endroits, que je rencontre de nouvelles personnes et que je vis de nouvelles expériences, que je me sens le mieux et dans mon élément. Essentiellement, ma zone de confort, c’est d'être hors de ma zone de confort. La stimulation constante que je ressens en voyage me garde en éveil, générant en moi une inspiration et une motivation que j’utilise comme carburant dans toutes les sphères de ma vie. Par contre, comme beaucoup d'autres, les derniers mois de confinement m'ont donné l’impression de stagner et plongé dans une genre d’apathie généralisée. 

Évidemment, ce n'est pas le moment d’acheter un billet vers n’importe quelle destination, sans se soucier de l’état de la crise. Nos possibilités de voyage sont limitées et, à juste titre, la COVID continue de faire des ravages dans de nombreux pays. Voyager signifie que nous risquons non seulement de mettre notre propre vie en danger, mais aussi celle des autres.

C'est donc le dilemme auquel sont confrontés tous ceux qui carburent au voyage - trouver un équilibre entre la sécurité et la responsabilité tout en prenant soin de notre bien-être et de notre santé mentale. Nous en avons encore pour plusieurs mois avec la COVID, et nous devons nous adapter à la nouvelle normalité en écoutant les recommandations des experts. Cela dit, après quelques mois de confinement, je ressentais l’appel des montagnes, des lacs et de l’aventure. Je suis donc partie en solo à la découverte des Rocheuses. C’était finalement le moment de vérifier si toutes ces photos que j’avais vu sur Instagram étaient photoshoppées ou si ces paysages étaient aussi beaux en réalité (spoiler : ils étaient encore plus beaux!). 

En tant que backpacker, j'ai l'habitude de séjourner dans des auberges de jeunesse, mais je n'avais jamais séjourné dans une auberge au Canada auparavant - et je n'avais certainement jamais séjourné dans une auberge pendant une pandémie. J'étais tellement excitée de dormir dans des auberges HI tout au long de mon voyage - elles semblaient offrir l’expérience canadienne ultime d’après ce que j’avais vu en ligne. Mais bien sûr, des inquiétudes et des doutes subsistaient dans mon esprit : Parlerais-je à d'autres humains ? Est-ce que je me ferais des amis ? Me sentirais-je en sécurité ? La peur de la COVID serait-elle présente dans tous les lits superposés ?

Hostel 2020 2Jacklake

Mon premier arrêt était la fameuse ville de Banff. Je suis rentrée à l’auberge HI Banff Alpine Centre après un souper en tête-à-tête avec moi-même (l’un de mes passe-temps favoris), où j'ai socialisé avec le barman, derrière son masque, derrière un panneau de plexiglass, alors que je mangeais des rouleaux de laitue aux crevettes. C’était donc officiel : ma peur de ne pas avoir de conversations avec d’autres humains de tout mon voyage n’était pas fondée. 

Je me suis installée dans le salon, qui avait une atmosphère de chalet de ski avec ses plafonds voûtés, sa cheminée en pierre et ses divans trop confos, où deux autres voyageurs étaient assis sur des divans séparés. Mes nombreux voyages en solo combinés à ma nature extravertie, et un profond besoin d’interactions sociales avec d’autres humains après 4 mois de confinement font que je n’ai pas tardé à entamer une conversation socialement distancée. 

« So are you guys staying here? » ai-je demandé. Ils ont répondu à ma question peu originale en confirmant qu’ils n’étaient en effet pas des résidents de Banff venus dans une auberge à 22h30 pour utiliser le wifi.

J'ai poursuivi en disant que je ne savais pas trop à quel genre d'ambiance m’attendre en auberge de jeunesse en ce moment et nous nous sommes évidemment mis à parler du sujet de l'heure : la COVID. Eux aussi avaient hésité à voyager, mais ils avaient décidé d’en profiter pour explorer le Canada, tous deux ayant traversé le pays en voiture depuis l'Ontario. Cela nous a mené à parler d’où ils venaient, et ensuite, de continuer (sans grande surprise !) à parler de nos voyages et nos endroits préférés dans le coin. 

Yé, je m'étais officiellement fait de nouveaux amis ! 

Nous avons parlé un bout comme ça, chacun assis dans nos divans respectifs ; je me demande si en temps normal, nous nous serions rapprochés, mais au final, nous semblions satisfaits de converser depuis l'autre côté de la pièce. Après plusieurs verres de vin, nous avons conclu tard dans la nuit de se réveiller très tôt pour voir le lever du soleil et tenter notre chance de voir l’élan que mon nouvel ami avait vu au courant de la journée. 

Hostel 2020 Elk

Nous n’avons pas juste vu l’élan en question, mais notre voiture s’est retrouvée entourée d’une centaines d’élans qui se déplaçaient avec les montagnes magnifiques en arrière-plan. Cela dépassait largement nos espoirs de voir la faune de Banff. Nous avons profité de la journée au max : randonnée sur le mont Tunnel, souper au centre de Banff et coucher de soleil sur l’un des lacs les plus pittoresques du coin. 

C'était une belle façon de briser mes appréhensions sociales, et fur et à mesure que j’ai poursuivi mon voyage à HI Lake Louise Alpine Centre, HI Athabasca Falls, HI Jasper, HI Beauty Creek, en retournant à HI Lake Louise et à HI Nelson, j'ai eu de supers conversations avec les voyageurs de chaque auberge.

La plupart du temps, je m'aventurais seule pendant la journée. Lorsque je rentrais le soir, j'entendais parler du périple à vélo d'un voyageur sur la promenade des Glaciers ou de deux Québécoises qui profitaient des vacances de la construction pour explorer le pays. À la toute fin de mon voyage, j'ai rencontré un autre voyageur au style de vie similaire au mien, également rédacteur et dont la passion pour l’Afrique pourrait m’offrir une opportunité intéressante dans le futur. On ne sait jamais où les rencontres en auberges peuvent nous mener !

Peu importe où je voyage dans le monde, les auberges de jeunesse mènent toujours à des conversations uniques avec d’autres voyageurs. Ce ne sont tout simplement pas des conversations que je retrouve dans les chambres d'amis de mes parents ou sur les divans de mes amis. 

Tout au long de mon voyage, je me suis sentie complètement en sécurité et à l'aise. Les mesures de distanciation sociale étaient en place partout, la majorité des gens portaient des masques et la plupart du temps, j’étais dans le bois, en train d'escalader une montagne ou de plonger dans un lac. Dans les auberges, l’accueil était chaleureux, même s’il était fait derrière un masque ou un panneau de plexiglass. Je pouvais choisir de dormir en chambres privées ou dans des dortoirs où seulement la moitié des lits étaient utilisés. Les chambres set les installations étaient absolument impeccables. Comme partout maintenant, le lavage de main et l’utilisation de désinfectant était recommandés et accessibles. C’était rassurant de voir l’industrie touristique reprendre son cours tout en prenant la situation actuelle très au sérieux.

Je suis tellement reconnaissante d'avoir pu retrouver les aspects du voyage qui me manquaient tant, et la possibilité de séjourner en auberges de jeunesse m’a insufflé l’élan d’énergie et de motivation qui me permettra de continuer jusqu'à ce que je puisse à nouveau partir à l'aventure.

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