Guide du backpacker pour composer avec les moments manqués

10.04.26

La liste des moments importants que j’ai manqués depuis que je suis parti ne cesse de s’allonger. Le mois dernier, c’était les 80 ans de ma grand-mère. Il n’y avait pas de grande fête ni de célébration, mais le simple fait de savoir que je ne serais pas là avec elle a été difficile. C’est la première fois depuis un moment que le fait de manquer un événement m’a autant affecté.

Quand je suis parti pour la première fois, j’étais tellement emballé par mon nouvel environnement que je ne faisais pas trop attention à ce que je laissais derrière. Puis est venue une phase de prise de conscience. Quelques mois avaient passé, je m’étais installé, et j’ai commencé à remarquer les moments auxquels je n’étais pas présent.

Ensuite est arrivée la phase dans laquelle je suis aujourd’hui : apprendre à gérer tout ça et à prendre du recul. Je réalise que je suis là où je suis pour une raison — par envie de découvrir, d’explorer et d’être libre de mon temps. Mais ça vient forcément avec des compromis.

Voyager, que ce soit pour une courte ou une longue période, c’est s’éloigner de sa routine, de ses amis et de sa famille. L’adaptation peut être difficile. Voici quelques façons de rester ancré pendant mes voyages, et de profiter pleinement de ce que je vis plutôt que de penser à ce qui me manque.

Créer des liens et rester ouvert à changer ses plans

La solitude est quelque chose à laquelle tu seras probablement confronté en voyage, surtout si tu pars en solo. J’aime passer du temps seul, mais il arrive toujours un moment où j’ai envie de compagnie et de discuter. Parfois — surtout dans des endroits plus animés comme les grandes villes — créer des liens peut être plus difficile.

D’après mon expérience, c’est souvent à ce moment-là que je commence à me demander ce que je pourrais faire d’autre… et pourquoi j’ai décidé de partir en voyage à la base. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus flexible avec mes plans, pour saisir les occasions de socialiser quand elles se présentent. Si je séjourne en auberge, je participe à au moins une activité sociale. Et souvent, d’autres plans prennent forme à partir de là.

Lors d’un récent voyage à Oaxaca, j’ai été invité à un mariage par le marié — quelqu’un que j’avais rencontré deux jours plus tôt dans une boutique de vêtements. Une façon plutôt inattendue de rencontrer quelqu’un, mais une belle occasion de me rattraper après tous les mariages que j’avais manqués ces quatre dernières années!

Explorer le moment présent

Quand tu t’ennuies loin de chez toi, la tentation est grande de passer des heures à scroller sur les réseaux pour voir ce que font tes proches. Pour moi, trop d’informations ne crée presque jamais de sentiments positifs — ça alimente plutôt un certain FOMO difficile à ignorer.

J’ai remarqué que plus je vois ce qui se passe ailleurs, moins je me sens connecté à l’endroit où je suis. Partager des nouvelles et des photos de voyage, c’est bien, mais limiter son temps sur les réseaux, quand c’est possible, ça change vraiment les choses. Ce n’est pas toujours facile aujourd’hui, mais ça m’a souvent aidé.

Internet reste ton allié

Cela dit, Internet reste un excellent moyen de garder le contact. Les plateformes d’appels vidéo font partie de mes fonctionnalités préférées. J’ai la chance d’avoir quelques personnes toujours partantes pour discuter ou prendre des nouvelles.

J’appelle souvent ma grand-mère (malgré ses petits soucis techniques constants). On jase un peu, et ça me remonte le moral à chaque fois. Quand le décalage horaire le permet, appelle quelqu’un qui pourrait illuminer ta journée. Autant en profiter!

Ne pas complètement abandonner sa routine

Quand je voyage, c’est justement pour sortir de ma routine. On planifie souvent un voyage pour échapper au stress du travail ou des études. Cette rupture est positive, mais j’essaie quand même de garder certains éléments de ma routine — ceux qui me font du bien.

Ça peut être des choses simples comme me préparer un déjeuner, faire un peu d’exercice, écrire dans mon journal ou passer un appel le matin. Quand je perds complètement le fil de mes journées (et ça arrive), je me sens plus isolé et un peu déconnecté de ce que je vis. Garder quelques repères m’aide à rester ancré, peu importe où je me trouve dans le monde.

Les sacrifices dont on parle moins en voyage peuvent aller de manquer des mariages à des fêtes de famille, des anniversaires marquants ou même juste un souper entre proches. Accepter de passer à côté de ces moments, ce n’est pas facile — mais ça en vaut souvent la peine. Sortir de sa zone de confort peut être déstabilisant, mais c’est aussi incroyablement enrichissant. Avec les bons outils et une vision réaliste de ce que tu peux ressentir en voyage, le sentiment de manque s’efface peu à peu au profit des expériences uniques que tu te crées en chemin.

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