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Histoire de la prison

De la prison du comté de Carleton à l'auberge HI Ottawa Jail

La première prison d'Ottawa a vu le jour en 1842 dans le sous-sol du nouveau palais de justice de la ville, sur un terrain donné par l'éminent ottavien Nicholas Sparks. Constamment confrontée à la critique, elle fut toutefois remplacée, moins de 20 ans plus tard, par une prison à part entière sur le terrain voisin.

« Le contraste entre ce bâtiment spacieux et aéré et le sous-sol misérable et toxique faisant actuellement office de prison, est suffisamment frappant. Les deux bâtiments peuvent être cités à titre d'exemples appropriés du vieux système carcéral utilisé jusqu'ici au Canada, et du nouveau système. » 

Réforme du système carcéral

La nouvelle prison du comté de Carleton a ouvert en 1862, et a été conçue par l'architecte H.H. Horsey selon les principes de la réforme du système carcéral du 19e siècle. Suite à cette réforme, la prison visait à offrir un service correctionnel aux prisonniers ainsi qu'un logement sécuritaire aux accusés. Ceci était principalement effectué grâce à un système de classification et de séparation des détenus - en séparant dans différents lieux de la prison ceux qui pouvaient avoir une influence négative sur les autres. Par exemple, les hommes et les femmes, les condamnés et les accusés ainsi que les jeunes et les plus vieux étaient idéalement emprisonnés séparément.

Cependant, malgré ces nouvelles idées, la prison détenait toujours le double rôle de punir les criminels et de dissuader ceux enclins à la criminalité. La poursuite du premier rôle était plutôt évident ? la détention des criminels. Toutefois, sa capacité à remplir son deuxième rôle, c'est-à-dire dissuader le crime, était plus discutable et se reflétait dans l'architecture du bâtiment. 

La prison du comté de Carleton a été construite pour être imposante, massive et impressionnante. Son style géorgien, simple et symétrique, combiné à un minimalisme accentuant la solidité de l'édifice, a placé la prison au même niveau que le palais de justice - chacun représentant une facette fondamentale du système judiciaire. Au-delà de la présence imposante des bâtiments, les potences, visibles en permanence, constituaient un rappel sombre et constant des conséquences pouvant découler d'une vie articulée autour du vice.

Des conditions inhumaines

L'augmentation du nombre de prisonniers envoyés en prison après la construction du nouveau bâtiment semble confirmer l'importance du rôle que celle-ci a joué dans la dissuasion du crime: selon le rapport annuel de 1863 du Board of Inspectors of Asylums, Prisons, &c. « L'année dernière, le nombre total de prisonniers dans la nouvelle prison était de 232, contre 416 en 1861 dans la vieille prison. (...) À Ottawa, comme ailleurs (...) les prisonniers étaient tous opposés aux nouvelles prisons; ils préféraient de loin les vieilles prisons! »

Même si la prison du comté de Carleton était considérée comme une « prison modèle » à son époque, les prisonniers l'avaient en horreur, principalement en raison des conditions effroyables de ses infrastructures. La prison échouait à classifier ses prisonniers et essayait à peine de les réhabiliter. Peu de passe-temps était mis à la disposition des prisonniers - s'ils étaient chanceux ils pouvaient couper du bois ou pelleter - autrement, ils passaient leur temps dans les couloirs à attendre la tombée de la nuit, moment où ils retourneraient dans leur cellule jusqu'au prochain matin. Les cellules étaient petites, inconfortables, et insalubres, sans chauffage, éclairage, ventilation, ou toilettes.

Ces conditions épouvantables et inhumaines ont persisté tout au long de l'histoire de la prison. C'est finalement en 1972 que celle-ci a été fermée et que ses occupants ont été transférés au nouveau centre de détention d'Ottawa-Carleton à Blackburn Hamlet. Même si la prison n'était pas considérée comme appropriée pour des prisonniers, elle s'est toutefois retrouvée sur une liste de sites potentiels pour loger une auberge de jeunesse à Ottawa. On croyait qu'avec un peu d'imagination et de rénovations, celle-ci pourrait être transformée en une auberge de jeunesse chaleureuse et accueillante, et finalement, c'est ce qu'elle est devenue! 

D'une prison à une auberge de jeunesse

Au départ, la Canadian Youth Hostel Association proposait d'utiliser seulement deux étages de cellules et une section de la maison du gouverneur. Le reste de l'espace serait loué à des locataires qui aideraient ainsi à partager les coûts de rénovation qui permettraient au bâtiment de rencontrer les codes de santé et de sécurité modernes. En raison d'un manque de fonds, certains locataires se sont toutefois retirés du projet et l'auberge a finalement dû rénover le bâtiment par elle-même.

Utilisant l'argent reçu de subventions et d'activités de financement, ainsi que des dons de matériaux, de biens et de main d'oeuvre, l'association a entrepris de rendre le bâtiment conforme au code, de fournir les services essentiels aux visiteurs et d'égayer le lieu avec une nouvelle couche de peinture. La transformation du bâtiment d'une prison froide et morne vers une auberge lumineuse et accueillante avait commencé, et ne fut terminée que quelques heures avant l'ouverture officielle de l'auberge.

C'est le 2 août 1973 que l'auberge a officiellement ouvert ses portes et cette ouverture a été marquée par la visite du prince Philip, duc d'Édimbourg. Les voyageurs ont dormi dans des dortoirs aménagés dans les couloirs de la prison et les étroites cellules étaient utilisées pour ranger leurs effets personnels. Le coût pour la première nuit  était de 2$ pour un membre et de 1$ pour chaque nuit additionnelle.

Une deuxième campagne de financement

En 1981, alors que le coût d'un lit avait atteint 3,75 $ la nuit, un nouveau projet de rénovations et de campagne de financement fut lancé. Dotée d'une importante subvention Wintario, la Nicholas Street Jail Hostel cherchait à recueillir 110 000$ afin de préserver et rénover le bâtiment, maintenant reconnu comme un édifice patrimonial. En plus de vouloir améliorer les systèmes de chauffage, éclairage, ventilation et plomberie, l'auberge voulait combiner certaines cellules afin de les transformer en chambres semi-privées et augmentant ainsi la capacité de l'établissement.

Afin de promouvoir la campagne de financement de l'auberge, le célèbre auteur et journaliste canadien Pierre Berton a visité la prison et l'a décrite comme étant une « leçon d'histoire vivante ». Selon lui, « les bâtiments patrimoniaux sont aujourd'hui la seule façon que nous avons de voir et comprendre le passé. »

Une source de fièrte et...d'obstacles

Utiliser l'ancienne prison du comté de Carleton à titre d'auberge de jeunesse continue, même aujourd'hui, à être une source de fierté et d'obstacles! En plus d'efforts continus visant à améliorer les services et l'expérience-client - rénovations, améliorations, visites guidées, reconstitutions historiques et événements - l'auberge doit constamment prendre en considération son impact sur l'édifice en raison de son importance historique. L'exploitation d'une auberge de jeunesse dans un bâtiment patrimonial pose une série de défis uniques, non seulement au niveau du respect et de la préservation du caractère historique du bâtiment, mais aussi afin de rencontrer les attentes et les besoins des voyageurs d'aujourd'hui.